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dimanche 12 mars 2017

Simon Brousseau, Synapses


Synapses est construit comme un script informatique fait d'une structure fixe, un paragraphe fait d'une seule phrase, traitant à répétition les données imperceptible de l'existence, tous ces petits détails qui ne changent rien au cours des choses mais qui lui appartiennent néanmoins et qu'on relègue à la périphérie de notre conscience et du récit qu'on se fait de notre propre vie. Une poignée de main moite, les billes de mercure d'un thermomètre brisé, se rendre compte qu'on est trop vieux pour chier derrière un buisson, les détails de la vie que la conversation n'arrive pas à attraper passent à travers l'algorithme littéraire de Brousseau. L'ambition de Synapses est de pousser un peu plus la littérature vers l'ethnographie en construisant la structure narrative la plus désingularisée possible pour arriver à décrire le rapport le plus commun aux sensations, qui accompagne l'humain de la petite enfance à ses derniers moments.

Simon Brousseau, Synapses, Le Cheval d'août, 2016

Le gala c'est ce soir, 19h

samedi 11 mars 2017

Sarah Burgoyne, Saint Twin


Ce premier recueil de la Montréalaise Sarah Burgoyne vient jouer dans un espace de l’intime qui se cache de la lumière et de tout ce qui est nouveau qui s’efface trop vite. On choisit l’imparfait et le concret de ce qui n’est pas tout à fait arrivé. Ce sont des cartes dessinées d’endroits qui n’existent pas encore, de moments déjà oubliés et de gestes qu’on ne sait plus comment faire. C’est cette personne roulée tout au fond de nous à qui on chuchote ou on crie, ce jumeau oublié. On avait aimé ses fanzines et on est content d’être enfin arrivé à cet espace habitable et fascinant qu’est son premier livre.

Sarah Burgoyne, Saint Twin, Mansfield Press, 2016

Texte: Catherine Cormier-Larose

Le gala c'est demain!!

vendredi 10 mars 2017

Oriane Lassus, Quoi de plus normal qu'infliger la vie?

Les normes sociales sont cruelles à l'égard de ceux qui s'en écartent, et de toutes les normes la plus insidieuse est peut-être celle d'avoir des enfants. Si retarder leur conception peut encore passer, la décision de ne pas en avoir est l'occasion d'un harcèlement subtil des proches comme des étrangers. Les choses qu'on peut se faire dire, c'est terrible. Mais le pas de côté permet aussi de constater la violence normative qu'on exerce sur les nouvelles mères comme sur les mères à venir et dont on cherche à raboter toute singularité. C'est ce que met en scène l'album Quoi de plus normal qu'infliger la vie? d'Oriane Lassus. Le style de Lassus, une sorte de croisement complètement organique entre le cubisme et Ralph Steadman, donne l'impression d'un extra-terrestre perpétuellement stupéfait de constater comment les humains vivent. C'est ce style qui permet au propos de Lassus de demeurer drôle et décalé sans faire de compromis sur la gravité du sujet.Big up enfin au travail d'adaptation de Vincent Giard et Sophie Bédard du texte français original vers une version locale qui cherche à construire une sorte de registre populaire au français international.

Oriane Lassus, Quoi de plus normal qu'infliger la vie?, La mauvaise tête, 2016, 68 pages

Le gala a lieu ce dimanche à la Sala Rossa

jeudi 9 mars 2017

Simon-Pierre Beaudet, Fuck le monde

Les essais que regroupe Fuck le monde parcourent la petite histoire du dépressionnisme québécois, un des courants d'idées les plus singuliers des quinze dernières années. La progression chronologique permet de voir apparaître l'aisance non seulement de Beaudet mais de toute la culture dépressionniste qui intègre peu à peu les éléments de la grande pensée de gauche européenne pour ensuite prendre un élan aussi chargé de vitalité que d'amertume. La guerrilla se déplace alors sur les Plaines d'Abraham pendant la Saint-Jean, dans les restaurants de Limoilou aussi bien que das les pages du magazine de Ricardo. L'essai culturel malin et spirituel, de cette grande tradition initiée par Arthur Buies et Jules Fournier, a malheureusement été plus prolifique à droite qu'à gauche depuis 30 ans. Fuck le monde est, on l'espère, une point tournant dans l'histoire des idées au Québec.

Simon-Pierre Beaudet, Fuck le monde, Moult, 2016

Le gala a lieu ce dimanche à la Sala Rossa

mercredi 8 mars 2017

Stacy Szymaszek, Journal of Ugly Sites & Other Journals

C’est rare de mettre la main sur un recueil tellement unique que t’as peur que si tu clignes des yeux, même un peu, il va disparaître parce que c’est trop inusité et beau de l’avoir trouvé la première fois.  Je me suis donc retenue à ce Journal of Ugly Sites un peu comme à une bouée qui permet de naviguer le quotidien comme s’il était un poème à coup de hachures, de cocktails, d’animaux sur la rue et d’amis. Il y a quelque chose d’intouchable dans ces poèmes de tous les jours, et Stacy Szymaszek a réussi à leur arracher toute la beauté qu’il leur restait pour la poser, petites bombes, dans son recueil. Je t’en prie, laisse-la t’exploser.

Stacy Szymaszek, Journal of Ugly Sites & Other Journals, Fence Books, 2016

Texte: Catherine Cormier-Larose

Le gala a lieu le 12 mars

mardi 7 mars 2017

Catherine Bilodeau, Thomas Bourdon, Marie-Jeanne Gagnon et Catherine Rondeau, festival SOIR


Le collectif SOIR, composé de Catherine Bilodeau, Thomas Bourdon, Marie-Jeanne Gagnon et Catherine Rondeau, était derrière ce festival qui à l'été 2017 a pris d'assaut la rue Beaubien avec des dizaines de stations improvisées à même les boutiques, les terrasses, le trottoir. Il a depuis établi son quartier général sur St-Laurent, dans un espace qu'ils ont nommé l'Espace des mêmes. L’Académie vit pour ce genre de projet de contamination poétique, littéraire et artistique, cette idée que la rue, que la ville nous appartiennent et qu’on peut y poser dessus le plus de projets culturels sans que rien ne s’effondre, bien au contraire! SOIR, c’est la barricade entre nous et la bêtise humaine qui est partout, ils sont la preuve que c’est mieux ensemble que séparé, c’est l'invitation à une collectivité tentaculaire et multipliable de venir s’y imbriquer et c’est surtout, enfin, le temps qui joue en notre faveur, pour une fois.

Collectif SOIR

Texte: Catherine Cormier-Larose

Le gala a lieu le 12 mars

lundi 6 mars 2017

Pierre Brouillette-Hamelin, Cassette & Bandcamp du Off-FPTR

Pierre Brouillette-Hamelin est un gars de son. C’est comme ça qu’il veut qu’on le présente et c’est ainsi qu’on le reconnaît, toujours en train de rouler ou dérouler des fils ou demi caché derrière une console quelque part. Mais c’est aussi un membre important de l’Off festival de poésie de Trois-Rivières. Pierre, c’est la petite fée qui veille à tout et qui n’est pas stressé. Pis avec les années, on s’est aperçu qu’il collectionnait les archives sonores de toutes ces fantastiques soirées. On n’était donc pas surpris, mais émerveillés, d’en retrouver une partie sur la cassette jaune dans la boîte-de-poulet-fanzine « Toute la sauce! ». Pis on vous invite à vous replonger dans 10 ans de poésie pas plate à même votre salon par le bandcamp de l’Off, merci, Pierre!

Pierre Brouillette-Hamelin, Cassette dans le collectif, Toute la sauce, zine, 2016 Présentation de Mélanie Jannard
Pierre Brouillette-Hamelin, Bandcamp du OFF-FPTR

Texte: Catherine Cormier-Larose

Le gala a lieu le 12 mars